L’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) poursuit ses sessions de dialogue communautaire sur l’axe Hamdallaye–Kagbelen. Organisée le samedi 4 avril 2026 à Wanindara Dispensaire, en haute banlieue de Conakry, cette nouvelle rencontre a réuni des jeunes, des responsables locaux et des représentants des services de sécurité autour des enjeux de la participation citoyenne, de la prévention des violences et de la consolidation de la paix, dans leur localité.
Cette activité avait pour ambition de créer un cadre d’échanges directs et constructifs entre les jeunes de la localité, les autorités communales, les responsables du quartier et les représentants des services de sécurité.
La rencontre a, notamment, permis aux autorités de présenter les mécanismes et les initiatives mis en place pour favoriser la participation des jeunes à la consolidation de la paix, à la prévention des violences et au maintien de la quiétude au sein des communautés situées sur l’axe Hamdallaye–Kagbelen.
Un espace d’expression pour les jeunes
Au cours des discussions, les jeunes participants ont pu exprimer librement leurs préoccupations, leurs attentes et leurs priorités. Ils ont également interrogé les responsables présents sur les dispositifs existants pour renforcer leur implication dans la vie du quartier et prévenir les tensions.

Les échanges ont contribué à rapprocher des acteurs qui, malgré leur présence dans le même environnement, ne disposent pas toujours d’espaces suffisants pour dialoguer, confronter leurs perceptions et rechercher ensemble des solutions adaptées aux réalités locales.
La session a enregistré la présence du Secrétaire général et du Directeur communal de la jeunesse de Matoto, du Président du Conseil de quartier de Wanindara Dispensaire, de plusieurs membres du Conseil de quartier ainsi que du Secrétaire de la CMIS 3 d’ENCO 5.
Cette mobilisation témoigne de l’intérêt accordé au dialogue communautaire comme instrument de prévention des conflits, de renforcement de la confiance et de promotion de la participation citoyenne.
Une jeunesse de plus en plus consciente des enjeux de paix
Pour Thierno Aliou Barry, membre du bureau du quartier de Wanindara, les perceptions négatives autrefois associées à la localité ont progressivement évolué grâce au travail de sensibilisation et à la prise de conscience des jeunes. « Auparavant, à Kaloum ou dans d’autres quartiers de Conakry, lorsque vous disiez que vous veniez de Wanindara, les gens vous collaient automatiquement une étiquette. Aujourd’hui, la situation est totalement différente. Depuis les années 2000, nous menons progressivement des actions de prise de conscience », a-t-il assuré.

Selon lui, les nombreuses périodes de tension vécues par les habitants ont amené la jeunesse à mieux mesurer les conséquences de la violence sur les familles et sur le développement du quartier. « Nous avons connu des moments difficiles, marqués par des violences, des manifestations et des grèves. Beaucoup de familles et de parents en ont été victimes. La prise de conscience de la jeunesse s’oriente aujourd’hui vers la stabilité, la paix et le développement de ce quartier », a-t-il ajouté.
Son témoignage met en lumière l’évolution des attitudes et la volonté d’une partie importante de la jeunesse de rompre avec les stéréotypes et les cycles de violence ayant affecté la communauté.
Rétablir la confiance avec les services de sécurité
La relation entre les jeunes et les forces de sécurité a également occupé une place importante dans les échanges.
Abdoulaye Mara, représentant du CMIS et membre du panel, a reconnu que les rapports entre les deux parties ont longtemps été marqués par un manque de communication. « Auparavant, il n’y avait pas véritablement de collaboration entre la jeunesse et les autorités. Cette situation s’expliquait notamment par l’absence de sensibilisation et de dialogue entre les jeunes et nous, les hommes en tenue », a-t-il déclaré.

Cette intervention a permis d’aborder ouvertement certaines incompréhensions et de rappeler l’importance d’une communication régulière entre les services chargés de la sécurité et les populations qu’ils accompagnent.
Pour les participants, la prévention des violences passe également par une meilleure connaissance des missions de chaque acteur, le respect mutuel et la création de mécanismes permanents de concertation.
Une rencontre qui change les perceptions
Présent à la session, David Mamadi Touré, jeune habitant de l’axe Hamdallaye–Kagbelen, a salué les explications fournies par les différents responsables. « Nous avons échangé avec les autorités, qui nous ont présenté les efforts accomplis pour mettre en place des structures favorisant la quiétude. Elles nous ont également expliqué comment elles collaborent avec la jeunesse afin de préserver la sérénité et la paix dans le quartier », a-t-il témoigné.

Les échanges avec le représentant du CMIS ont aussi contribué à faire évoluer sa perception du rôle des forces de sécurité. « Grâce à l’intervention de leur représentant, nous avons compris que les agents du CMIS sont présents pour sécuriser les populations et non pour les violenter », a poursuivi David Mamadi Touré.
Ce témoignage illustre l’utilité des cadres de dialogue dans la réduction des préjugés, le rapprochement entre les citoyens et les institutions ainsi que la construction progressive d’une confiance mutuelle.
Maintenir la dynamique sur l’axe Hamdallaye–Kagbelen
À travers cette nouvelle session, l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) réaffirme son engagement à favoriser l’écoute, le dialogue et la participation des jeunes dans les initiatives de consolidation de la paix. Elle remercie l’ensemble des jeunes, des autorités communales, des responsables du quartier et des représentants des services de sécurité pour leur forte mobilisation et leur engagement.

La poursuite de ces échanges apparaît essentielle pour renforcer la cohésion sociale, prévenir les violences et encourager les communautés de l’axe Hamdallaye–Kagbelen à devenir pleinement actrices de la stabilité et du développement de leurs quartiers.

